Un robot va-t-il remplacer votre manager ?

L’autre matin, je me demandais si le management pouvait être automatisé.

J’ai fait mien, depuis un moment, l’axiome suivant : « Tout ce qui est automatisable sera automatisé« .

Alors, serait-il possible que demain, nous soyons commandés par des logiciels ou des robots humanoïdes ?

Pour cela, il faudrait que, suivant l’axiome susdit, la mission remplie par nos managers soit mécanisable, c’est à dire que l’on puisse, dans un premier temps, la transformer en une suite de séquences d’actions, et dans un deuxième temps, que celle-ci puisse s’écrire sous une forme algorithmique. Un algorithme qui prendrait des décisions, serait en mesure de résoudre des problèmes et de faire des prédictions sur l’avenir.

Un DRH de ma connaissance avait une formule particulièrement frappante : « Manager, c’est se comporter« .

Un comportement serait-il dupliquable ? Et de quel type de comportement devrions-nous nous inspirer pour nourrir notre algorithme managérial ?

A cette question complexe, une réponse simple peut être apportée.

Dans les 10 prochaines années, la « robolution » permise par les progrès de l’IA (intelligence artificielle) va entraîner le grand remplacement des travailleurs par les machines. Cette révolution technologique s’étendra aux taches « intelligentes » et comportementales.

Elle rendra, ainsi, le management intermédiaire superfétatoire.

En effet, le rôle du manager n’est pas de contrôler la production contrairement a ce que l’on croit souvent mais d’assurer une surveillance des producteurs. Car, ceux-ci peuvent être moins motivés, fatigués, en souffrance, voire en burn out et leur productivité peut fléchir au delà du raisonnable. Peu de risque que cela arrive avec une machine ! Un automate, ça ne dort pas, ça ne mange pas, ça ne boit pas. Ça ne prend pas de congés. Seule une panne ou l’obsolescence peut en venir à bout.

Quant à la version positive du manager dont le rôle serait d’accompagner ses équipes, les aider, les faire grandir, on a du mal à voir comment il pourrait s’exercer face à une armée de robots et de logiciels.

Dès lors, à quoi servira un manager dans une économie entièrement automatisée ? Je ne vois vraiment pas.

En définitive, la réponse à ma question ne peut être que celle ci : il n’est pas que sur que le management soit automatisable mais l’automatisation totale en signera la disparition totale.

De manière certaine.

JC Hériche, le 2 septembre 2016

2021, c’est demain !

L’autruche me paraît être l’animal qui symbolise le mieux notre époque.

Depuis le début de l’été, les annonces et informations concernant la voiture autonome, sans volant, sans pédale et donc sans chauffeur ne cessent de tomber.

Début juillet, Elon Musk dévoile son plan 2016-2026 qui comprend bus, camions, voitures autonomes, équipés de panneaux solaires sur le toit.

Son développement ne semble pas plus affecté que cela par l’accident de la Tesla semi-autonome qui a causé la mort de son chauffeur en train de regarder un épisode de Harry Potter.

Dans la foulée, BMW annonce une alliance avec Intel et une start-up israélienne spécialisée dans les systèmes anti-collisions en vue de produire sa propre voiture autonome d’ici 2021.

Début Août, une ordonnance est adoptée en conseil des ministres pour permettre aux constructeurs français Renault et Peugeot de tester leurs prototypes de voitures autonomes sur les routes de France en toute légalité.

On apprend alors qu’Apple travaille en secret sur son propre modèle pour ne pas se laisser distancer par la fameuse Google Car aux millions de km parcourus en toute autonomie et sans aucun accident provoqué par la voiture elle-même.

On sait, en outre, que les équipementiers Delphi et Valeo travaillent sur leur propre modèle de voiture autonome. Et que les constructeurs chinois lorgnent aussi sur ce marché.

Quand la semaine dernière, Uber annonce qu’il va mettre en place un service de voiture autonome à Pittsburgh, en partenariat avec Volvo, d’ici la fin du mois. Confronté à la « hargne » des juges californiens qui veulent salarier ses conducteurs, le PDG d’Uber ne voit d’autres solutions que les remplacer par des millions de voitures robots toujours à l’horizon 2021. D’autant que General Motors s’est allié avec le principal concurrent d’Uber aux USA pour développer leur propre voiture de tourisme sans chauffeur (que je propose d’appeler VTSC).

Le constructeur automobile historique Ford n’est pas en reste puisqu’il annonce son intention de produire en masse des voitures autonomes en 2021. Et un partenariat entre Ford et Google pourrait être annoncé très prochainement.

Toutes ces informations, au final, donnent raison au PDG de General Motors qui annonçait en début d’année que l’industrie automobile allait davantage changer dans les 5 à 10 ans que dans les 50 dernières années.

Et bien…. aucun des amis avec qui j’en discutais hier n’en avait entendu parlé. Et tous de m’assurer qu’ils ne lacheraient jamais le volant de leur “tuture” car jamais ils ne feraient confiance à une machine !

Est-ce que mes amis qui refusent de se laisser conduire par une voiture-robot refusent également de prendre la ligne 14 du métro parisien qui roule sans chauffeur depuis 1998 ?

Leur réplique m’a rappelé le jugement sans appel de mon chef quand je travaillais dans une maison d’édition d’études économiques et financières. En charge des nouvelles technologies, il m’avait confié avec un air pénétré,  fin 1995 : « Le téléphone mobile ? Ça ne prendra jamais.  Les gens sont trop attachés à leur fixe.  »

Dans une autre de mes boîtes, le responsable de l’informatique dans les années 80 avait eu le même type de fulgurance sur l’ordinateur individuel dont il estimait qu’il n’aurait jamais la puissance des énormes centraux de sa salle des machines et avait, en toute logique, refusé d’en équiper les salariés.

La voiture autonome va voir le jour. La Silicon valley et les constructeurs automobiles traditionnels sont tous sur le pied de guerre pour les livrer en masse d’ici 2021. Pour une simple raison : 90% des accidents automobiles sont d’origine humaine. Or, on s’apercevra très vite que la voiture équipée de capteurs et de caméras est infiniment plus sûre que la conduite humaine.

Entre temps, les barrières assurantielles (Qui paye en cas d’accident ?) et réglementaires  (Autorisation des États) auront été levées.

Pourtant, il y aura des freins à son développement. La voiture a un coût. Les particuliers n’auront pas, pour la plupart, les moyens de remplacer leur voiture par un modèle sans pédale, sans volant.

De plus, la voiture pour beaucoup est synonyme de plaisir. Les gens aiment conduire. La voiture est également symbole de puissance et de virilité pour certains.

On peut, cependant, faire confiance au marketing et à la pub pour lever ces freins symboliques du plaisir et de la puissance.

Quant au coût de remplacement, il sera sans doute en partie pris en charge par les États au nom de la sécurité routière.

Et si les particuliers ne s’équipent pas tous de voitures autonomes dès 2021, un point est certain :  Uber et ses épigones le feront.

C’est la seule option pour maintenir le modèle économique de leur plate-forme numérique attaquée aux USA par les juges californiens qui veulent requalifier les contrats commerciaux des chauffeurs Uber en contrat de travail. Un récent jugement vient de confirmer cette volonté des juges. En France, l’Ursaff s’est emparé du dossier.

Tous les VTC (voiture de tourisme avec chauffeur) et taxis  vont disparaître dans les années 2020 mettant des centaines de milliers de travailleurs au chômage.

Les activités liées à la conduite automobile vont également être touchées.

Les auto-écoles n’auront plus lieu d’être mettant au chômage les moniteurs et inspecteurs.

L’assurance, dont la branche automobile est florissante, va être fortement affectée par la baisse massive de la sinistralitė.

Les bus autonomes mettront au chômage les chauffeurs de la RATP et des compagnies régionales d’autobus.

Puis, ce sera au tour des cars sur longue distance, si chers à notre ministre de l’économie, à circuler sans volant, sans pédale et sans chauffeur, faisant fondre encore le prix du billet pour les « pauvres » comme il dit.

Et pour finir, les chauffeurs poids lourds seront remplacés par des camions robots.

Tout le transport routier, de personnes et de marchandises, va en être bouleversé. Des millions de travailleurs vont pointer au chômage dans la prochaine décennie.

Arrivé au terme de mon article, chers lecteurs,  je souhaiterais vous faire prendre conscience d’une chose. Ce qui va arriver d’ici 5 à 10 ans dans le transport routier va également se produire dans votre métier, que vous soyez travailleur manuel ou “intellectuel”.

Je souhaite également vous poser une question : Qui vous en parle ? Qui vous parle de cette grande transformation ? De ce grand remplacement des hommes par les machines ?

Quel candidat à l’élection présidentielle de 2017 l’évoque ?

Pourtant, 2021, c’est demain ! A partir d’aujourd’hui, vous ne pourrez pas dire que vous ne saviez pas.

JC Heriche, le 21 août 2016

(A suivre)