A mes clients qui n’ont jamais de temps à eux ( Je vous offre cette tomate )

Dans cet article, je vous donne la méthode anti-procrastination ultime pour avoir toujours plein de temps à vous. Et j’explore une possible raison de votre manque de temps. 

(6 mn de lecture)

Les avez-vous rencontrés ces gens qui n’ont jamais de temps pour eux ?

Certains des clients qui me consultent sont comme ça.

Ils n’ont pas le temps pour faire des entretiens réseau. Ils n’ont pas le temps pour parler à leurs collègues. Ils n’ont pas le temps d’être sur les réseaux sociaux. Ils n’ont pas le temps pour chercher un nouvel emploi.

Et les voilà, amers ou désemparés, dans mon bureau, se plaignant de leur manque de temps.

A moi qui ai tout mon temps pour les écouter, les questionner, m’intéresser à eux …

La valeur la plus précieuse n’est pas tant l’argent que le temps. Le temps pour soi. le temps pour rencontrer. Le temps de la réflexion. Le temps de l’action. Le temps de vivre. Le temps d’aimer et d’être aimé.

Rappelez-vous l’Ecclésiaste :

« Toutes choses ont leur temps, et tout passe sous le ciel dans les délais qui lui ont été fixés. »

Mais, comment se fait-il que d’aucuns et d’aucunes manquent aussi cruellement de temps ?

La première explication qui vient à l’esprit est celle d’un manque d’organisation. La plupart des gens qui se plaignent de manquer de temps sont des procrastineurs finis.

Ils ont adopté les principes « sains » que m’avait inculqués un ami, il y a bien longtemps :

« Ce que tu peux faire aujourd’hui, remets-le à demain.« 

· « Ce que tu peux faire toi-même, fais-le faire par les autres.« 

Je ne leur jette pas la pierre. J’ai été moi-même un grand procrastineur. Parait-il que les génies en sont eux-mêmes.

De là à nous trouver géniaux … il n’y a qu’un pas. Vous ne trouvez pas !

Si vous n’avez jamais de temps, si vous procrastinez, c’est effectivement que vous ne savez pas vous organiser. Or, vous pourrez acheter tous les manuels d’organisation, suivre toutes les formations sur la gestion du temps, dépensez des milliers d’euros, vous ne serez pas plus avancé. Car une seule méthode fonctionne en matière de gestion du temps.

La seule méthode anti-procrastination qui marche

Une méthode qui en paraît risible tellement elle est simple. Des tartines ont été rédigées dessus. Des dizaines de posts ont été écrits sur elle. Vous la connaissez sans doute. Mais, vous l’avez oubliée car entre-temps vous en avez découvert des milliers d’autres qui n’ont pas fonctionné. Ou alors, vous ne la connaissez pas, et allez la découvrir, là aujourd’hui, au bout de ces paragraphes.

Cette méthode que j’utilise chaque jour. Qui me permet d’écrire des dizaines d’articles et de posts par mois et de faire tout mon travail administratif que que je trouve si fastidieux. Cette méthode qui me permet de passer d’une tâche à l’autre. Cette méthode qui me permet de me concentrer à fond sur chacune d’elles. Cette méthode qui me libère tellement de temps que j’en ai toujours pour une conversation en ligne ou en réel. Cette méthode qui m’a tant fait gagner en efficacité. Cette méthode grâce à laquelle j’ai décuplé ma productivité. Cette méthode qui me fait aller au bout de mes projets.

Cette méthode …

Oui ? Quoi ? Je ne vous ai pas donné son nom ? Ah ! Mais comment ? Vous ne connaissez pas la méthode POMODORO !!!!

Bande de Béotiens ! Allez ! Tapez le nom de la « méthode Tomate » sur votre navigateur. Des dizaines d’articles l’expliquent. Elle s’apprend en 30 secondes et fera de vous de supers travailleurs qui auront toujours plein de temps à eux !

Je viens de vous faire économiser pas mal d’euros. J’espère que vous en avez conscience !

Maintenant, Pomodoro risque de ne pas suffire à certains d’entre vous.

D’autres causes vous font ne pas agir. Et plutôt qu’incriminer le temps qui manque, si l’on se penchait sur le sujet le plus tabou qui soit : la peur.

Oui, la peur.

Et si la vraie raison de votre procrastination était la peur 

Celle qui vous étreint. Celle qui vous empêche d’avancer. D’agir.

Celle qui vous cloue au sol avec vos ailes de géant.

La peur qui vous fait oublier de penser. La peur qui vous fait négocier avec votre conscience.

Celle qui vous fait accepter même l’inacceptable.

Celle qui marque « La fin du courage« comme l’écrit la philosophe Cynthia Fleury.

La peur que vous ne vous avouez pas. La peur qui vous fait renoncer.

La peur que nous ressentons tous. Que je ressens tout comme vous.

C’est bien d’elle qu’il nous faut nous entretenir ici.

Il parait que l’on a tous trois peurs fondamentales : peur de l’échec, peur de ne pas être à la hauteur, peur de ne pas être parfait.

Chez Switch collective, ils utilisent, pour leur part, un modèle à 5 peurs sur lequel ils font travailler toute une soirée les participants à leur programme de changement de vie professionnelle. (A ce propos, Claire Delétraz et Béatrice Moulin, les co-fondatrices, se débrouillent pas mal car chaque mois elles réussissent à emmener avec elles des cohortes de 50 personnes qui veulent transformer leur vie).

Cependant l’explication la plus convaincante de la peur, je l’ai trouvée dans le livre d’une coach américaine, « Tremblez mais osez ! » : Toutes les peurs, quelles qu’elles soient, ont une origine commune : la peur de ne pas savoir faire face. 

Ainsi, si nous ne quittons pas l’emploi qui nous empoisonne, si nous ne rompons pas avec des personnes toxiques, si nous ne changeons pas un comportement nocif, c’est parce que nous avons la crainte de ne pas savoir affronter notre nouvelle réalité. 

Prenons conscience, pourtant, qu’il s’agit d’une croyance limitante et en grande partie erronée car si nous y réfléchissons un peu : jusqu’ici, nous avons toujours su faire face.

Non ? Ne croyez-vous pas ?

Sinon, nous ne serions pas là, tous ensembles, en train de disserter sur le temps et sur nos peurs.

Dès lors, les deux questions fondamentales à nous poser sont :

1.   De quelles peurs sommes-nous le nom ?

2.   Que nous faudrait-il pour les surmonter ? De quoi aurions-nous besoin pour nous sécuriser ?

Il est temps de nous les poser car comme dit le poète :

« Hâte toi de transmettre / Ta part de merveilleux de rébellion de bienfaisance / Effectivement tu es en retard sur la vie. » René Char

JC Heriche, le 26 août 2017

A suivre aussi sur Twitter @Jheriche

PS 1 : Sur le temps, ma chanson préférée : Le temps de vivre – Georges Moustaki (1934-2013)

PS 2 : Sur la peur, le magnifique texte de l’écrivaine Nancy Huston : Métaphysique de la trouille

Networking : 5 ressorts psychologiques à connaitre absolument !

Dans ce post, je vous confie les 5 raisons principales qui feront accepter vos demandes de RDV par vos contacts réseau.

Beaucoup d’entre vous rechignent à la démarche réseau (ou networking, pour parler comme nos cousins anglo-saxons).

Pourtant, vous savez ce que le réseau peut vous apporter, soit que vous l’ayez testé vous-même, soit que des proches l’aient testé avec succès.

Une démarche réseau, je le rappelle pour ceux qui en entendraient parler pour la première fois, c’est une campagne d’entretiens que l’on fait avec des professionnels et des décisionnaires dont on attend des informations, des conseils, des mises en relation et toutes sortes d’autres choses qui forment les bienfaits du réseau.

Il peut s’agir d’une enquête métier quand on ne sait rien ou presque d’une profession qui nous intéresse ou d’une étude de marché lorsque l’on connait le métier mais que l’on souhaite savoir comment il s’effectue ailleurs.

Dans les deux cas, il s’agit d’une démarche de double visibilité consistant à rendre visible à nos yeux notre marché du travail et, dans le même temps, à nous rendre visible aux yeux de ce même marché.

Seulement, solliciter un entretien réseau semble parfois insurmontable à certains.

Comme ce patron que je reçus, un jour, en entretien, pour qui, il était hors de question de solliciter son réseau direct de proches et de moins proches. Tous l’avaient vu comme un gagnant qui ne se confiait jamais sur l’état de ses affaires. Il ne pouvait s’y résoudre, aujourd’hui, alors que son business était en chute libre.

Pour d’autres, ce n’est pas solliciter le réseau direct qui pose problème. C’est demander un entretien à un inconnu qui leur paraît mission impossible. 

Pourtant si, un court instant, vous vous décentriez de vous, de vos enjeux, de vos préoccupations pour vous centrer sur l’autre, ici l’expert ou le dirigeant que vous souhaitez contactez, vous vous apercevriez d’une chose : ce dernier acceptera bien volontiers votre demande.

Pourquoi ?

Parce que lorsque vous faites votre demande d’entretien réseau, vous mettez en action 5 ressorts psychologiques fondamentaux chez lui :

  • L’occasion de parler de soi :  » Enfin quelqu’un qui s’intéresse à mon métier !  » 
  • Le retour d’image » Je suis quelqu’un de bien, quand même !  » 
  • Le retour d’ascenseur » Demain, je peux avoir besoin de lui. »
  • L’identification :  » Après-demain, si ça se trouve, ça peut m’arriver … » 
  • L’empathie » C’est important pour moi d’aider les autres. Je me sens bien, après. « 

Alors !

Vous voyez que ce n’est pas si périlleux une demande d’entretien réseau !

Et même, qu’elle sera vue d’un œil favorable.

Pourquoi s’en priver alors qu’elle pourrait changer le cours de votre vie professionnelle grâce aux renseignements que vous en obtiendrez ?

Vous connaissez sans doute cette phrase qui tourne sur les réseaux sociaux :  » Et puis. .. Il y a ceux que l’on croise, que l’on connaît à peine, qui vous disent un mot, une phrase, vous accordent une minute, une demi-heure et changent le cours de votre vie.  »

Est-elle de Victor Hugo, comme le prétendent certains ou de Katherine Pancol comme me le suggère Google ?

Peu importe ! Car, rien n’est plus vrai. J’en ai de multiples exemples. Et, vous aussi !

Le tout étant de bien formuler vos demandes d’entretien réseau.

Or, aujourd’hui, ce n’est plus un problème. Car, il y a la méthode de l’APEROT !

Pour ceux qui ne la connaissent pas (encore), la voici : Méthode de l’APEROT ( prononcer Apéro ).

Nota Bene

La peur du réseau est une affection courante qui ne touche pas quelques personnes mais la plupart des gens.

J’en ai traité un aspect, à savoir la compréhension des mécanismes psychologiques de vos interlocuteurs. Cela peut suffire à vous inciter à démarrer une démarche réseau (ou pas).

Si cela ne suffit pas, il y a une question que je pose aux clients qui se démènent dans les affres du réseau :  » De quoi auriez-vous besoin pour ne plus avoir peur ? « 

De leur réponse, résulte bien souvent le levier qui les fait entrer en réseautage. 

Et vous ?

De quoi auriez-vous besoin pour ne plus être affecté par la peur du réseau ?

Ou si vous n’en avez pas (ou plus) peur, comment faites-vous ? 

J’attends avec impatience vos commentaires !

JC Heriche, le 18 février 2017

(A suivre)

Le « double help » : l’autre bienfait de la démarche réseau

Avez-vous entendu parler du « principe de la double aide » ou, en anglais, du « double help » ? 

Non ? C’est normal. Je viens d’en inventer la dénomination. En revanche, le principe que sous-tend cette formulation, vous le connaissez tous parce que vous l’avez tous expérimenté au moins une fois. 

Dans le post Devenir un grand réseauteur ? C’est donneR à tout le monde !, j’insistais sur l’impératif catégorique que représente la générosité au démarrage de toute démarche réseau. Car, donner aux autres a pour conséquence que l’on vous donne. C’est le principe du don / contre-don.

Je voudrais ici ajouter un autre bienfait du don, celui du double help (ou double aide) que je résumerai ainsi : « Je t’aide, et en même temps, je m’aide. »

Prenons un exemple pour illustrer ce principe :

Un avocat salarié a été licencié par le grand cabinet anglo-saxon dans lequel il officiait. Il s’en remet difficilement. Six mois après, il rumine encore le choc. Ce qui l’empêche de se mettre sérieusement à sa recherche d’emploi. Il éprouve des sentiments mêlés de colère (« C’est une injustice ce que j’ai subi »), de peur (« Et si ça m’arrivait de nouveau ») et de tristesse (« Cet échec est la preuve que je suis nul »). Ces sentiments sont légitimes. Ils nous habitent tous à un moment ou à un autre. Moi-même, parfois …

Un jour, le partenaire de tennis de notre avocat malheureux, un PDG de start-up, lui parle d’un conflit qu’il a avec l’un de ses clients. Ni une, ni deux, l’avocat se met à lui donner des conseils juridiques avisés. Il l’aide à rédiger sa lettre de plainte. Il l’aide à constituer son dossier de preuves. Il lui donne des astuces juridiques. Etc.

Le PDG trouve, là ,une aide précieuse. Mais l’avocat également. Puisque l’aide qu’il apporte lui permet de retrouver ses marques, de se sentir utile, de retrouver goût à son métier.

En aidant, il s’est aidé lui même.

La preuve ? Il vient de refaire son CV (en 1 page comme je le recommande dans ce post aux 10 000 vues : C »o »uriculum Vitae et il s’apprête à l’envoyer, de nouveau, à des recruteurs.

Ce principe de la double aide est un effet extrêmement puissant et bienfaisant du réseau qui vient renforcer le mécanisme du don / contre-don.

C’est pourquoi, je l’affirme bien haut : la générosité et son corollaire du double help sont l’essence même du réseau ! 

Je précise qu’il n’est pas besoin d’avoir un partenaire de tennis ni qu’il soit PDG (sinon cela restreindrait un peu, vous ne trouvez pas ?) pour que le principe du double helpfonctionne. Il rentre en jeu dès lors que vous exercez vos talents et compétences sans en attendre une rémunération autre que la satisfaction d’avoir aidé un ami, une relation, un voisin, etc.

C’est pourquoi, nous autres consultants en évolution professionnelle, nous vous conseillons pendant votre période de recherche d’emploi, d’exercer une activité bénévole qui vous permet d’exercer vos savoir-faire.

C’est parce que le bénévolat met à l’oeuvre ce principe de la double aide.

En offrant gratuitement votre aide, non seulement vous êtes utile aux autres, mais de plus, vous êtes utile à vous-même. Vous maintenez vos compétences, voire en développez de nouvelles. Et vous vous constituez un réseau relationnel de gens fidèles.

Que demandez de plus à la vie ?

Prenons soin les uns des autres. Vous verrez comme cela rend heureux !

« L’enfer, c’est les autres » écrivait Jean-Paul Sartre. C’est vrai dans bien des cas. Mais l’inverse existe aussi : « Les autres, ça peut être le paradis » !

JC HERICHE, le 17 décembre 2016

(A suivre)

Devenir un grand réseauteur ? C’est donneR à tout le monde !

Le réseau est l’un des nombreux mots valises qui peuplent la recherche d’emploi. Tout le monde en parle, peu de gens comprenne réellement en quoi il consiste.

Il est d’ailleurs si mal connu et si incompris qu’il suscite chez beaucoup d’entre vous les plus grandes appréhensions.

Il est néanmoins incontournable :

  • si vous êtes sur un marché de l’emploi avec peu d’offres d’emploi, soit parce qu’il s’agit d’un micro-marché, soit parce qu’il s’agit d’un marché caché qui fonctionne par le bouche à oreilles.
  •  si vous recevez peu ou pas de réponse à vos candidatures parce que « trop jeune », « trop senior », « trop mère de famille », trop ceci ou trop cela.
  • si vous souhaitez entrer dans « THE » entreprise.  Celle qui vous fait rêver depuis toujours.
  • et bien entendu, si vous travaillez à votre compte et que vous recherchez des missions en free-lance.

Un chiffre pour vous convaincre de la nécessité d’intégrer une démarche réseau à votre recherche d’emploi : 30% des recrutements de cadres ont été effectués en 2015 via le réseau.

Ce chiffre vous le connaissez, peu ou prou.

Et vous avez pleinement conscience de la nécessité d’adopter une démarche réseau pour arriver à vos fins : vous faire embaucher.

La peur du réseau 

Mais la plupart d’entre vous, ne passez pas à l’acte !

Pourquoi ?

Parce qu’un spectre hante le réseau ! Une maladie terrible !

Je l’ai appelée : la peur du réseau !

Voici un échantillon de ce que j’entends au quotidien :

« J’ai peur de demander”,

“Je n’aime pas demander”, 

“J’ai peur d’être dans la manipulation”,

“ peur de faire la manche”,

« peur de me griller »,

« peur de ne pas savoir quoi dire”,

peur de perdre mon temps”

« peur de ne pas être à la hauteur »,

peur d’être malhonnête”, 

“peur de mal m’y prendre”, 

etc.

D’autres revendiquent bien haut leur « allergie » au réseau.

Tout juste, s’ils ne demandent pas un certificat médical pour être exemptés de démarche réseau !

Et même lorsque je vous enseigne le ba.ba du réseau, c’est à dire :

  •  A quoi il sert ? 
  • Qui en fait partie ?
  • Comment vous y prendre pour le construire, le développer, l’utiliser et l’entretenir ?

certains d’entre vous ne passez toujours pas à l’acte.

Savez-vous pourquoi ?

Le don / contre-don 

Parce que le réseau est et restera une chimère tant que vous n’aurez pas compris que son efficacité repose sur un IMPÉRATIF CATÉGORIQUE : le don / contre-don.

Qu’est-ce que le don / contre-don ?

C’est le fait qu’un don entraîne obligatoirement sa réciprocité.

Cette loi dite de la réciprocité existe depuis 10 000 ans que des groupes d’hommes se sont sédentarisés. En effet, ils ont dû faire face à la nécessité de s’entendre entre eux, de s’entraider, et ainsi créer du lien social et faire société.

On doit sa mise au jour à l’ethnologue français Marcel Mauss dans son ouvrage majeur « Essai sur le don », paru en 1924.

Dans son livre, l’ethnologue s’interroge longuement sur les raisons de la réciprocité dans le don.

Il en a tiré une triple obligation : l’obligation de donner – l’obligation de recevoir – l’obligation de rendre. 

Juste pour ceux que ce passage théorique fait bailler d’ennui, je voudrais vous dire, mais que ça reste entre nous, hein ? Le don / contre-don, c’est ni plus, ni moins ce que chante Enrico Macias :

 « Donnez, donnez, dodo-onnez,

Donnez, donnez moi,

Donnez, donnez, dodo-onnez,

Dieu vous le rendra… « 

« Dieu ou la nature », aurait pu ajouter Spinoza.

Concrètement, que représente cette « triple obligation » de Mauss dans la démarche réseau ?

  1. Elle oblige chaque réseauteur à donner aux autres. Donner quoi ? De l’information, des conseils, des contacts, du temps, du soutien, etc. Et sur un réseau social, des likes, des commentaires, des partages.
  2. Elle les oblige à accepter les dons d’information, de conseil, de contact, de temps, de soutien, de likes, de commentaires, de partages, etc. qu’on leur procure.
  3. Et enfin, elle les oblige à rendre ce qu’ils ont reçu, soit au donateur lui-même, soit à d’autres. Car, s’il y a réciprocité, elle n’est pas forcément exclusive. Ainsi, si Pierre donne à Paul. Celui-ci est tenu d’accepter mais il peut rendre à Pierre ou, tout aussi bien, à Jacques.

La dimension éthique du réseau 

Avec le don / contre-don, le réseau atteint une haute dimension éthique, puisqu’il met en jeu la plus belle des valeurs : la GÉNÉROSITÉ.

Malheureusement, cette dimension éthique du réseau échappe à beaucoup de candidats, et peut-être même à ceux qui les accompagnent.

C’est cette méconnaissance, à mon sens, qui explique in fine les réticences de ceux d’entre-vous qui avouez votre peur du réseau ou qui affichez votre allergie à la démarche réseau (qui sont en vérité les deux faces de la même pièce).

Alors que le réseau pourrait être un style de vie noble et vertueux dans lequel les individus trouveraient l’épanouissement qu’ils n’ont plus dans le travail, il est trop souvent réduit à ses fonctionnalités les plus immédiates et matérielles.

Alors que le réseau pourrait être un générateur de sens et d’utilité, il est appréhendé comme une corvée, à l’occasion efficace, mais toujours lassante et contraignante.

***

En définitive, il vous incombe de placer le don / contre-don au cœur de votre démarche réseau pour en découvrir le sens et y prendre du plaisir. 

En ayant en tête que le don / contre-don est un nom bien savant pour désigner cette chose toute simple et si belle qu’est la GÉNÉROSITÉ.

Marivaux, dans les jeux de l’amour et du hasard, fait dire à l’un de ses personnages : « Il faut être trop bon pour l’être assez« .

Le jour où vous aurez intériorisé cette phrase et que vous en aurez fait, au-delà de la citation, un mode de vie, je vous le dis mes amis des réseaux sociaux, vous serez devenus de grands réseauteurs.

De grands réseauteurs éthiques.

JC HERICHE, le 3 décembre 2016

(A suivre)

PS 1 : La GÉNÉROSITÉ est l’une des règles de la vie en réseau que je transmets aux apprentis réseauteurs. Elle n’est pas la seule. Il en est d’autres. Rassemblées, elles finissent par constituer l’éthique du réseau. Je n’ai pas la place de les évoquer ici. Je le ferai sans doute un jour dans un autre article ou dans un livre.

PS 2 : En attendant leurs parutions, je vous propose d’apprendre, dès à présent, à réussir vos demandes d’entretien réseau grâce à la méthode de l’APEROT.

PS 3 : Vos likes et commentaires me vont droit au cœur et m’encouragent à poursuivre. Et vos partages me donnent accès à toujours plus de lecteurs. Alors je vous dis : Merci a toutes et tous ! (qui est une autre règle de la vie en réseau : la GRATITUDE)

Les 10 commandements sur les réseaux sociaux

Dans ce post, je vous révèle les tables de la loi à respecter sur les réseaux sociaux.

Attention : post ironique. A prendre au 2nd degré !

1- Tu te lamenteras régulièrement que les entreprises ne recrutent jamais de profils atypiques, mais jamais, n’en recruteras toi-même

2- Tu vanteras les bienfaits de la désobéissance, mais « likeras », commenteras, partageras toutes les publications de ton boss et des gens bien en vu

3- Tu révéreras le management bienveillant mais éviteras de le pratiquer avec tes équipes

4- Tu recommanderas les vertus du partage mais jamais ne partageras, « likeras », commenteras un post d’un confrère ou d’un collègue

5- Tu posteras moult articles sur le bienêtre au travail alors que tu en es à ton troisième burn-out en 10 ans

6- Tu publieras des posts sur l’entreprise libérée sachant que dans ta boite ou ton administration, il y a 7 niveaux hiérarchiques au-dessus de toi

7- Tu utiliseras les mots « disruption » et « disruptif » dans chacune de tes phrases alors que la dernière fois que tu as innové c’est quand tu es passé par Concorde plutôt que par la Place de l’Etoile pour te rendre à ton travail

8- Tu soigneras ta e-réputation sur les réseaux sociaux tout en racontant à ton psy les terribles souffrances que tu endures au boulot

9- Tu créeras ton blog dans lequel tu critiqueras tes confrères sur le mode : « Ils sont tous mauvais » mais incendieras le premier qui osera émettre la plus anodine objection à l’un de tes posts

10- Tu posteras à tout-va tes articles mais jamais ne prendras le temps de lire ceux des autres

En conclusion, on a très rarement les comportements de ses valeurs. Bien plus souvent, les valeurs de ses comportements. 

NB 1 : Il y a un usage vertueux des réseaux sociaux et de Linkedin. L’excellent « posteur » Bruno Fridlansky vous le révèle dans cet article :  http://www.consonaute.fr/2016/02/29/exploitez-efficacement-linkedin-en-10-minutes-par-jour/

NB 2 : Linkedin est un outil formidable pour réseauter à condition d’y mettre les formes. C’est pourquoi je vous propose d’utiliser la méthode de l’APEROT pour entrer en relation avec vos contacts connus ou inconnus ! 

(A suivre)

 Jean-Christophe Hériche Paris, le 07 octobre 2016

La méthode de l’APEROT ( prononcer Apéro )

Réussissez vos demandes d’entretien réseau grâce à la méthode de l’APEROT ! (prononcer Apéro)

A consommer sans modération ! 

Vous souhaitez contacter des professionnels sur Linkedin, via d’autres réseaux sociaux, par mail ou au téléphone ? 

Vous souhaitez leur demander un entretien dans le but de mener auprès d’eux une enquête métier ou leur poser des questions dans le cadre de votre démarche réseau

Pourquoi ces professionnels accepteraient-ils de vous renseigner ?

Certains vous connaissent peu, voire pas du tout. D’autres peuvent être surchargés de travail. D’autres encore, peuvent être méfiants sur le sens de votre démarche.

Il vous faut une méthode pour faire accepter votre demande.

Je vous propose d’utiliser la méthode de l’APEROT.

Grace à cette méthode : 

  • Vous oserez demander un rdv à vos contacts réseau rencontrés sur le Net ou dans la vraie vie !
  • Vous allez réussir vos demandes de connexion sur Linkedin et autres réseaux sociaux !
  • Vous saurez faire vos relances ! 
  • Vous n’importunerez plus jamais vos interlocuteurs ! 

La méthode de l’APEROT...

Je vous vois venir… Vous vous dites :  » On va encore s’en payer une bonne tranche … Ce Hériche, vraiment…Ça, c’est pas le dernier pour la rigolade !  »

Et bien, détrompez-vous !

Mon sujet est sérieux, on ne peut plus sérieux.

Imaginez que vous souhaitiez solliciter une connaissance, un parfait inconnu ou quelqu’un que l’on vous a recommandé, il vous faut l’appeler au téléphone, le contacter par mail ou sur les réseaux sociaux.

  • Comment faire ? 
  • Comment structurer votre communication écrite et orale ? 
  • Quoi lui dire ? 
  • Comment le rassurer sur vos intentions ? 

La plupart du temps, vous êtes beaucoup trop diserts sur vousmême et bien peuloquace sur votre interlocuteur. Ce dernier passe à l’as. Alors que vous lui demandez de son temps, la moindre des choses est de lui accorder une place, de lui montrer de la considération.

Par ailleurs, vos demandes de rdv ne sont pas rassurantes.

Vous n’êtes pas clairs sur vos intentions. Voulez-vous un poste ? Juste des renseignements ? Bien souvent, vous ne le précisez pas. Rien de plus inquiétant. Que peut en penser votre interlocuteur ? « Encore un fâcheux qui va me demander un job. »

Vous ne précisez pas, non plus, le temps que prendra l’entretien. Rien de moins engageant. Votre contact se dit :  » Il va me bousiller ma matinée ou mon après-midi. J’ai pas que ça à faire.  »

La méthode de l’APEROT est un plan qui va vous permettre de structurer facilement toutes vos demandes d’entretien réseau de manière efficace et convaincante.

l’oral comme à l’écrit.

En voici la déclinaison :

A comme Accroche 

Quand vous sollicitez quelqu’un, commencez par lui parler de lui. Plusieurs techniques sont à votre disposition :

Vous pouvez le valoriser en le complimentant sur une action qu’il a faite, une interview qu’il a donnée, etc. (Effet valorisation)

Vous pouvez chercher un point commun : une école ou une formation que vous avez tous les deux suivie, une entreprise dans laquelle vous avez été employés l’un et l’autre, etc. (Effet de communauté)

Vous pouvez évoquer la personne qui vous a mis en relation. (Effet derecommandation)

P comme Présentation

Puis, présentez-vous rapidement en 1 phrase, 2 au maximum. (Effet de crédibilité)

E comme Entretien 

Ensuite, formulez votre demande d’entretien en laissant à votre contact la liberté de la forme : en face à face, au téléphone, par skype, par mail, au café, dans son bureau, etc.(Effet de libre-arbitre)

Le mieux étant, évidemment, de décrocher un entretien en face-à-face.

R comme Renseignement

Précisez la nature de de votre demande. Cela peut être, au choix, des renseignements, des informations, des conseils, un soutien, une mise en relation, des idées, etc.

O comme Objectif 

Il est important que votre contact sache ce que vous allez faire de ces informations, dans quel objectif vous le sollicitez.

Vous pouvez chercher à le rassurer en utilisant une formule du type : « Je suis en réflexion sur mon projet professionnel« .

Vous pouvez aussi jouer la carte de la transparence : « Je suis en recherche d’emploi actuellement« , tout en le rassurant avec la formule magique « Mais je tiens à vous préciser que je ne sollicite pas auprès de vous un poste »

T comme Timing 

Indiquez, enfin, la durée de l’entretien. C’est plus confortable pour votre interlocuteur. Il sait à quoi s’en tenir. Par exemple : « Je ne prendrai pas beaucoup de votre temps. Tout au plus 1/2 heure. »

Prenons un exemple pour illustrer la méthode de l’APEROT.

J’ai un ami qui a très envie de créer sa start-up digitale dans le développement professionnel qui est sa spécialité. 

Une start-upeuse bien connue, Julie Coudry, a créé sa propre plate-forme numérique : Jobmaker qui s’avère très inspirante pour les projets de mon ami.

S’il devait se lancer dans cette aventure, la première chose que je lui conseillerais de faire, serait d’aller voir Julie pour recueillir auprès d’elle des conseils avisés pour se lancer.

Voire, pour lui proposer un partenariat.

Mais comment l’aborder ? Et comment ne pas l’inquiéter pour ne pas qu’elle pense que mon ami puisse être un concurrent ? 

A partir de la méthode de l’APEROT, voici l’idée de mail qui lui est venue :

Bonjour Julie,

En inventant Jobmaker, vous avez créé la plate-forme numérique idéale pour les candidats souhaitant passer en revue leurs expériences afin de mieux les valoriser. Vous leur permettez, ainsi, d’élaborer pas-à-pas leur projet professionnel qu’ils pourront ensuite exploiter à travers leur outils de communication : CV, lettres de motivation, entretiens, etc.

Je suis, pour ma part, coach en développement professionnel depuis 10 ans.

Je souhaiterais vous rencontrer au cours d’un entretien afin de vous demander des renseignements sur la manière dont vous vous y êtes prise pour créer Jobmaker, les bonnes pratiques à adopter et également les écueils à éviter.

Je compte, en effet, très prochainement créer ma propre plate-forme numérique consacrée à l’offre de services. Cet outil constituera un excellent complément à ceux que vous proposez dans Jobmaker.

Je sais que votre temps est compté et donc je me rendrai disponible au jour et à l’heure qui vous conviendront le mieux.

Je vous remercie infiniment pour l’attention que vous voudrez bien porter à ma requête.

Bien à vous,

Levine Castorp

Et vous ? 

Quelle sera votre APEROT de prise de rdv ? 

Ecrivez-le et, si l’envie vous prend, laissez-le en commentaire.

Je ferai, à chacun, un retour. 

Si vous avez apprécié ce post, peut-être, trouverez-vous celui-ci à votre goût : #JeNeSuisPasUnBarilDePoudre

Jean-Christophe Hériche Paris, le 22 septembre 2016

(A suivre)

« Tais-toi ! »

« Tais toi ! » , « La ferme ! » , « Boucle là ! » Comment veux-tu que je te le dise ?

Pardonnez ma familiarité, mais à un moment il fallait que ça sorte. On n’entend que vous ici !

Écouter, c’est déjà et avant tout savoir se taire. Cela vous semble évident ? Alors pourquoi ne le faites-vous pas ?

Toujours, vous allez parlant, parlant à n’en plus finir, parlant à vous étourdir. Et toujours parlant de vous . Croyez-vous vraiment que votre « misérable petit tas de secret« , comme l’appelait Malraux, intéresse les autres ?

Certains clients lorsque j’aborde la question du réseau  m’avouent leurs peurs : peur de ne pas être à la hauteur, peur d’être redevable, peur de déranger, et surtout peur de ne pas savoir quoi dire, etc.

Chers clients, et si vous commenciez par vous taire ?

Lorsque André Chouraki a traduit la bible de Jérusalem, il a multiplié les audaces de traduction. Une nous intéresse particulièrement. Les juifs ont une prière qu’ils répètent plusieurs fois par jour : « Schema Israël  » que l’on traduit traditionnellement par « Ecoute Israël « . Chouraki l’a traduite par : « Tais-toi Israël « .

Hum, hum ! Écouter, ce serait donc  se taire !

Si vous ne vous taisez pas, il y a effectivement peu de chance que vous arriviez à écouter l’autre et mieux encore à l’entendre, dans sa singularité, son exceptionnalité, sa différence radicale.

Le mot expérience est à la mode. On ne voyage plus pour découvrir le monde, on voyage pour « faire une expérience inoubliable« . On ne pratique plus l’art des mets, on paye pour « vivre une expérience gastronomique« . On ne cherche plus à améliorer l’ergonomie d’un site ou d’un logiciel, mais à « faciliter l’expérience utilisateur« .

Et si vous faisiez une expérience radicalement nouvelle. Une expérience sans nulle autre pareille : l’expérience de l’autre ! L’altruisme, ce mot forgé au 19ème siècle par le philosophe Auguste Comte, dont mon ami Wikipédia me dit qu’il désignait pour l’inventeur du positivisme : « une attitude d’attachement, de bonté, voire de vénération envers autrui, qui résulte d’un sentiment d’amour instinctif ou réfléchi pour l’autre. »

Quand on vous parle, accueillez les paroles que l’on vous offre. Ne vous demandez pas quoi répondre. N’embrayez pas tout de suite sur vous, sur ce qui vous est arrivé de similaire. Taisez-vous. Regardez votre interlocuteur avec un regard ni pesant, ni fuyant. Adoptez, pour cela, la vision périphérique qui permet d’embrasser le visage et le corps d’un seul regard. Faites un léger hochement de tête (pas trop accentué le hochement ni trop mécanique, n’allez pas vous transformer en “petit chien sur la vitre arrière de la voiture” avec un basculement automatique de la tête qui peut très vite indisposer votre vis-à-vis.). Ouvrez un peu plus grand les yeux quand ce que l’on vous dit vous surprend, vous interpelle. Faites des petits « hum, hum » pour montrer votre intérêt. Tous ces signes de reconnaissance (en anglais, « strokes »), favorisent la communication. L’autre se sent écouté. Et vous, ils vous aident à vous concentrer. N’abusez pas de ces « petits trucs« . Tout est dans le dosage et dans le naturel.

Est-ce que cela suffit ? Évidemment, non. Il vous faut aussi avoir envie d’écouter l’autre, être persuadé qu’il a quelque chose d’agréable ou d’utile à vous faire partager. En un mot, il vous faut avoir l’intention d’écouter.

Mais ces quelques trucs (il y en a d’autres) forment un bon démarrage pour apprendre à écouter. Et je vous ai dit dans un précédent commentaire, que la faculté d’écoute était, à mon sens, la chose du monde la moins partagée. Moi-même,  parfois…

En conclusion, savoir se taire est la première compétence à acquérir si vous souhaitez devenir un grand écoutant. La deuxième compétence qui vient de pair avec l’écoute est le questionnement. L’un de mes post, dans le cadre de cet art de l’écoute que je souhaite vous faire partager, a donc tout naturellement été consacré au « solfège du questionnement ».

Pour ceux d’entre vous qui veulent réussir leurs entretiens, quels qu’ils soient (réseau, recrutement, professionnel, conseil, résolution de problème, etc.) le « savoir-questionner » est indispensable à maîtriser.

Tout autant que le « savoir-écouter » et le « savoir-se taire« .

(A suivre)

Jean-Christophe Hériche , le 9 août 2016